mercredi 4 novembre 2009

Besoin d'idées!

Je suis allée voir le film Je l'aimais et ça m'a inspiré, non pas à sauter la cloture, mais bien à cultiver ma chance d'avoir vécu assez pour comprendre le sens profond et la beauté de l'engagement véritable, par essais et erreur bien sur, et d'avoir ensuite rencontré un homme capable de vivre avec le brin de folie que ça prends pour continuer à rêver l'autre et choisir de l'aimer quoi qu'il arrive. Je pense sincèrement que peu d'homme et de femmes en sont capables ou font ce choix en pleine lucidité. Ce n'est peut-être pas nécessaire mais de mon coté, ça n'allait pas de soi...

Évidemment, je parle pour moi et respecte ceux qui sont arrivé à d'autres conclusions où qui n'ont pas osé ou voulu y réfléchir. Mais j'aime les mots de Christiane Singer:

La vraie aventure de vie, le défi clair et haut n'est pas de fuir l'engagement mais de l'oser. Libre n'est pas celui qui refuse de s'engager. Libre est sans doute celui qui ayant regardé en face la nature de l'amour - ses abîmes, ses passages à vide et ses jubilations - sans illusions, se met en marche, décidé à en vivre coûte que coûte l'odyssée, à n'en refuser ni les naufrages ni le sacre, prêt à perdre plus qu'il ne croyait posséder et prêt à gagner pour finir ce qui n'est coté à aucune bourse : la promesse tenue, l'engagement honoré dans la traverse sans feintes d'une vie d'homme.

Ce qui rend le mariage si fort et si indestructible, c'est qu'il réunit un homme et une femme autour d'un projet. D'un projet fou. Souvent voué à l'infortune.D'un défi quasi impossible à réaliser et impérieux à oser. Le drame serait de ne pas tenter l'impossible, de rester, une vie entière, à la mesure de ce qu'on peut.


Je parle rarement de ça ici mais c'est ce qui alimente souvent, au fond, mon autre blog, plus personnel et aride pour les pauvres âmes qui y passent... Je porte ma kéténéïtude jusqu'ici (J'ai le droit d'être kétaine: je suis enceinte. Si vous saviez tous les droits que j'ai décidé que cet état me valait...)

Et en fait, si j'en parle ici, c'est que vous avez peut-être de bonnes idées pour une petite fin de semaine spéciale en amoureux... J'ai déjà comploté malicieusement un scénario parfait de kidnapping romantique mais je ne sais pas où cacher ma victime jusqu'à dimanche.

Des idées?

mardi 3 novembre 2009

Je n'écris pas beaucoup puisque je n'ai pas grand chose à dire pour le moment.

Je ne fais pas d'exercice antirégime ou de réflexions intenses sur le sujet. Je le vis et ça devient simple, même s'il y a des jours meilleurs que d'autres. J'ai tellement gâché de moments et de temps de ma vie en rêves de minceur pour le futur, en obsessions, en haine de moi même, en comptage de calories, de portions ou autres... La nourriture reprends la place qu'elle aurait toujours du avoir pour moi, même si ça reste une joie et un plaisir.

J'ai diné chez ma grand-mère ce midi, avec ma cousine, si belle, si admirée de toutes, avec sa taille si miniature après 2 grossesses. Elle n'a pas mangé. Elle a joué dans son assiette en faisant manger le bébé. Je ne la vois jamais manger. Le midi, selon elle, elle se fait une grosse assiette de légumes et le soir, de la nourriture dissociée, un deuxième plat qu'elle fait en plus de la bouffe pour son chum et ses petits. Pourtant, elle n'arrête pas de dire à qui veut bien l'entendre qu'elle est chanceuse, qu'elle a un bon métabolisme, qu'elle mange beaucoup sans faire attention et qu'elle est gourmande. Mouais...

J'entendais la même chose au party d'Halloween ou je suis allée en fin de semaine, chez une amie designer de mode. La maison était pleine à craquer de mannequins qui ont parlé de bouffe et de leur invisible bourrelets toute la soirée sans toucher à autre chose qu'aux petites carottes sans vinaigrette, sur la table remplie de plats alléchants.

Les gens ne sont souvent pas honnête quand il sagit de leurs habitudes alimentaires, le nouveau tabou par excellence. Personne ne semble avouer qu'il trime dur pour garder sa taille, et pas que chez les minces. J'ai une connaissances qui me parle souvent de ses imaginaires problèmes de glande, avec un beigne répétitif à la bouche. Certains ont la chance de réguler leur poids avec facilité, d'autres ont de réelles maladies physiques, mais où sont ceux qui osent avouer leur lutte avec la nourriture?

On simplifie tellement l'équation du surpoids et du sous-poids que je peux presque comprendre qu'on en vienne à mentir de peur d'être jugés. Entre le trop et le pas assez, je pense que le problème est similaire et que certaines recettes qu'on présente comme solutions ne font qu'empirer le malaise et le problème.

mardi 27 octobre 2009

Séjour vacances à Ste-Justine

Je fus silencieuse ces derniers jours puisqu'à l'hopital, en train d'essayer de faire un certain niveau de résistance à mon estomac. Je m'y suis présentée, persuadée d'avoir une gastro vu la violence de mes vomissements soudains, comme un tsunami de fleuve St-Laurent. Eh bien non, on avait affaire à de simples maux de coeur de grossesse et on m'a hospitalisée 4 longues journées et nuits puisque la plus petite gorgée de pédialyte ne voulait pas rester en moi et qu'elle emmenait avec elle un tas de mes propres fluides.

Aujourd'hui, je suis trouée comme une passoire. J'étais trop déshydratée pour qu'on arrive à m'installer un cathéter alors on a essayé encore et encore sur tous mes membres jusqu'à ce qu'on se décide à appeler l'anesthésiste. J'ai beau ne pas me sentir bien, il n'y a rien qui m'énerve plus qu'un perfusion i.v., surtout quand on te branche sur une calalisation trop courte qui t'oblige à dormir quasiment corps à corps avec le perfuseur et toutes ses jolies petites poches de substances quasi hallucinogènes. Il fut un temps ou au moins, on était tranquilles. Maintenant, avec 3 machines à bruit en plus des fils, si ce n'était pas de ce qu'on vous met dedans, vous ne dormiriez plus. Heureusement ou pas, j'ai pu dormir, planer même...

Juste avant mon hospitalisation, entre 2 séances de vomissements, on a fait le prénatest. Bébé est parfait et adorable même en noir et blanc avec sa taille de Polly Pocket. C'est étonnant, boulversant d'entendre le coeur de ce petit être, de voir jusqu'a ses ventricules, de le voir bouger avec tous ses morceaux. Selon l'échographiste, "l'os pelvien semble plat", façon jolie de dire qu'on a pas vu de pénis et donc que ce pourrait bien être une petite fille même s'il est un peu tôt pour le dire. Je le (la!) soupçonne quand même d'avoir les pires traits de maman et de papa et d'avoir un certain penchant pour la dictature, même in-utéro. Il/elle commande déjà maman comme pas possible.

Alors pour l'instant, je suis sur des médicaments étranges pour ne pas replonger. Ils ne sont pas suffisamment testés à mon goût mais il parait qu'ils vallent mieux qu'une maman cétonique déshydratée. Le diclectin n'est pas assez puissant pour l'instant.

Dans mes moments d'angoisse, je me dit que ça me fera au moins une excuse si mon enfant dit des gros mots, devient délinquant ou aime les couleurs fluos. Je pourrai accuser les médicaments quand vous ne pourrai blâmer que vos gênes et votre piètre éducation. Ah!

Tant qu'à l'antirégime, bah, rien à dire. Je mange quand je peux ce qui ne me donne pas trop idée que ça repassera en sens inverse, et souvent devant la télé pour ne pas trop y penser. C'est aussi ça, s'écouter, mais on dit que ça sera mieux bientôt...

Edit: je me relis et me rends compte que je chiale sur les soins hospitaliers comme une vieille radoteuse. Je tiens à dire que le service urgence mère-enfant de Ste-Justine est incroyable: pas d'attente, personnel adorable et attentionné, étages tranquilles, soins d'experts et très bon Jell-o. Je vous conseille vraiment d'y songer si vous êtes enceinte et que vous vous retrouvez malade! Ça n'a rien a voir avec les soins que j'ai pu recevoir jusqu'ici à un autre hopital universitaire célèbre du centre ville...

mercredi 21 octobre 2009

En vrac

Entendu à la radio tout à l'heure: une alimentation riche en protéines et faibles en glucides, à la Atkin, Montignac, Dr Cohen ou votre gourou de bodysculpting favoris, favorise l'Alzheimer chez le rat. Reste à voir ce que ça fait chez l'humain mais on se doute que ça ne doit pas être extra!

Et puis, si vous préférez le faible en gras, il semblerait que nos pauvres phoques et orques en pâtissent et... deviennent gros!

Et vlan! Le corps est bien fait. On a envie de ce qu'on a besoin si on arrive bien sur à entendre sa propre voix au travers de ses émotions, des publicités et de l'odeur des cinnabons à la Place Ville Marie...

Dans un autre ordre d'idées, j'ai entendu quelques propos du chercheur Howard Steiger, qui est entre autres choses le directeur du programme des troubles alimentaires de l'institut Douglas, et ils m'ont donné envie d'en savoir davantage sur ses recherches. Si vous voulez un aperçu audio: L’obsession de la minceur mène-t-elle à l’obésité?

Je regardais la nouvelle charte québécoise pour une image corporelle saine et diversifiée, qu'il à co-présidé: de beaux principes, en espérant que ça se traduira en mesures concrètes! C'est bien beau les politiques et les grands mots mais ça ne franchit pas toujours les murs des bureaux des fonctionnaires.

La nouvelle sur passeport santé

et sur le site du Ministère

Pensez vous que ça aboutira à quelque chose d'intéressant?

lundi 19 octobre 2009

Télé diabolique

Chez nous, on avait pas la télé. Pas d'antenne. Pas de câble. Juste un vidéo, pour écouter des documentaires et des films d'auteurs en cantonais sous titré.

J'adorais le dire chaque fois que l'occasion venait. "Nous, on préfère être dehors, jouer de la musique, lire, se parler..." juste pour voir ce petit air incrédule ou admiratif qui se dessinait dans la face des autres. Ça me donnait un petit air d'élite, autant avoir l'air puisque je n'en ai ni la chanson, ni le sac à main, ni l'abonnement au théâtre de Quat'Sous...

Mais voilà, c'est arrivé: j'ai enfin compris comment fonctionne la manette et j'ai réalisé qu'on capte Télé-Québec. La télé roule maintenant non-stop jusqu'à 18h45, heure approximative du retour de mon amoureux, me donnant tout le loisir d'écouter des choses très instructives mais j'avoue qu'au final, je passe plus de temps avec Dora l'exploratrice et Zoboomafoo.

J'ai décidé cette semaine qu'il me faudrait faire mon coming out, puisqu'une super émission passe en soirée, et avouer mon amoureux que finalement, j'aime ça la télé, moi, et que je vais l'écouter de temps en temps, bon, pis t'as rien à dire contre ça!

Manquant de courage, j'ai laissé la télé allumée et je suis partie pour la soirée. À mon retour, j'ai trouvé un gars hypnotisé la bouche ouverte devant l'écran, le cerveau amputé de la capacité de tourner la tête et de répondre quelque chose d'audible à "bonjour". C'était gagné.

Tout ça pour dire que, dans le cadre de mon retour désordonné à l'anti-régime, j'ai décidé qu'il serait prioritaire de revenir à manger sans distraction. Ma meilleure amie fait les combinaisons alimentaires? Moi aussi! Elle, c'est la viande sans les patates, le pain sans beurre ni confiture, les pâtes sans sauce et la guerre au dessert (bref, tout ce qui va bien ensemble ne doit pas être mangé ensemble, c'est l'alimentation sans le plaisir à mes yeux, yark!) ; moi j'évite la nourriture avec les livres, la t.v., le piano ou l'ordi.

C'est pas facile. Je rechute souvent. Rien ne me détends plus qu'une soirée devant un film à manger n'importe quoi sans y penser (n'importe quoi sauf des crudités sans trempette et autres absurdités dans le genre, évidemment). Et dans les autres moments, j'ai besoin de me distraire de moi, de l'anxiété de manger, de la solitude...

Pour changer une habitude ou une dépendance, il faut réaliser pleinement ce que ça nous apporte. La bouffe n'est pas un problème et moi non plus. Il faut juste enlever les interférences qui nous empêchent de communiquer...

J'entends certaines femmes dire que c'est plus simple de se libérer de d'autres dépendances comme l'alcool, la cigarette ou les drogues et que nous, qui traitons parfois nos émotions à coups de morceau de tarte au sucre, sommes constamment bombardées d'images de bouffes, d'incitation à manger, sans pouvoir éviter l'obligation de manger.

Vrai, mais faux. Nous sommes dépendants de la nourriture, mais ce n'est pas un problème! C'est un besoin vital et le plaisir que combler sa faim nous apporte devrait se savourer comme un verre d'eau quand on a soif ou une toilette quand ça fait une demie heure qu'on la cherche frénétiquement dans un centre d'achat...

On ne règle rien en blâmant la tarte au sucre ou en s'en privant. C'est simplement un malentendu dans l'utilité qu'il faut régler. Et pour ça, il faut communiquer, s'écouter surtout.